Le chanteur, inventeur du « seggae »(kaya), est inculpé de consommation de drogue et incarcéré à Port-Louis, dans la prison d'Alcatraz (ça ne s'invente pas ). Le dimanche 21 février, son corps y est retrouvé sans vie. Rares sont ceux qui croient à la version officielle, delon laquelle Kaya, en crise de manque, se serait brisé le crâne en se jetant contre les murs de sa cellule.
Une contre-expertise menée par un médecin-légiste réunionnais, le Dr Ramstein, viendra d'ailleurs contredire cette thèse et montrer que la victime a été battue. Elle n'a pas été, pour reprendre le « Margouillat », victime d'un « accident de mur ».
Les premières émeutes commencent alors dans le quartier de Roche-Bois, d'où Kaya était originaire, puis s'étendent au reste du pays. Des barrages sont dressés jusque dans les rues de la capitale, et rapidement la police répond aux manifestants par des tirs à balles réelles, blessant mortellement Berger Agathe, un ami de Kaya, lui aussi musicien. Il s'en faut alors de peu pour que Maurice ne verse dans l'affrontement généralisé, qui marque l'opposition raciale entre les communautés créoles et hindoues.
Depuis l'île s'est reprise, mais l'affaire n'a jamais été résolue. Les gardiens de prison incriminés sont toujours en poste. Ils n'ont pas été sanctionnés pour l'instant. Une enquête est en cours, mais semble au point mort.
Et du côté des autorités, c'est désormais le black-out. Les faits ne sont plus mentionnés. Dans le temps de parole qui leur a été décerné dans l'audiovisuel lors des dernières élections, quelques rares partis politiques, minoritaires, ont tenté d'évoquer l'affaire. Ils ont été censurés